1 janvier 2017

2017... nouveau départ pour le blog !

Une nouvelle année débute et il me semble que faire un point sur ce blog qui n'a pas accueilli une seule chronique depuis des mois est nécessaire. Il faut l'avouer le "bazar de mes lectures" n'a pas été très productif en 2016.

Quels en sont les raisons ? Principalement, le manque de temps dû à ma vie de maman/famille mais également ma vie professionnelle qui ne m'ont pas permis de profiter comme je le souhaitais de nombreuses lectures, de films récents ou simplement de prendre du temps pour moi. La fatigue a pris le dessus et tous mes petits plaisirs culturels sont devenus secondaires, voir inexistants.
Forcément j'étais moins inspirée pour faire des chroniques, pourtant j'avais des idées mais j'étais incapable d'en faire quelque chose. J'ai tenté de tenir un planning de chroniques : grave erreur, ce n'est définitivement pas pour moi.

Toutes ces choses accumulées m'ont plusieurs fois amené à me questionner ces dernières semaines sur l'arrêt définitif de ce blog. J'ai pris la décision de le continuer en 2017 mais de l'aborder d'une manière totalement différente : sans pression, ni planning, ni règles prédéfinies et, surtout, sans défi. J'ai envie que ce blog évolue en toute simplicité sans me préoccuper de Google Analytics ou les blogueuses d'à côté qui lisent plus que moi...

J'ai des idées d'articles toujours autour du livre que j'aimerais mettre en place, également écrire des articles sur la musique en espérant vous faire découvrir de nouvelles choses. Ce thème là me tiens à cœur même si je me rends compte que c'est technique et plus complexe que de chroniquer un roman (à mon sens). Et, bien sur, toujours le cinéma, les séries... 

Je  croise les doigts, surtout, pour avoir plus de temps qu'en 2016 pour lire et aller voir des films. Mine de rien, cela m'a vraiment beaucoup manqué.

Je remercie ceux qui ont lu ces quelques lignes et je vous souhaite, très sincèrement, une excellente année 2017.

A très bientôt.
Kayleigh

26 septembre 2016

The Boy


Pour essayer d’échapper à son passé, Greta, une jeune Américaine, se fait engager comme assistante maternelle en Angleterre, dans une maison perdue en pleine campagne. À son arrivée, elle découvre qu’elle a été embauchée non pas pour s’occuper d’un petit garçon de 8 ans en chair et en os, mais d’une poupée de porcelaine grandeur nature. Seule dans la maison, loin de tout, Greta assiste à des événements tous plus étranges les uns que les autres. La poupée serait-elle vivante ? Il se trouve que Greta n’a pas seulement été engagée, elle a été choisie…

***

Je vais aller à l'opposé des critiques négatives car j'ai trouvé ce film vraiment réussi.

Dès sa sortie "The Boy" a souffert de sa comparaison au film Annabelle. Démarche commerciale qui a surement aidé a faire des entrées mais qui a plutôt desservi le film niveau critique. J'ai l'impression aussi que ce film n'a pas été totalement compris par le public. Pour ma part, Annabelle était un très mauvais film : une intrigue vide, voir sans intérêt. The Boy est un bon film, j'aurais presque envie de dire excellent.



Lorsque Greta arrive en Angleterre en tant que fille au pair, elle découvre médusée et amusée que le petit garçon dont elle à la garde n'est autre qu'une poupée de porcelaine. Même si la situation lui semble ridicule, elle va finir par accepter de rester, voyant dans ce job un échappatoire à son passé et une manière comme une autre de gagner de l'argent.
La seule condition est de respecter à la lettre des règles fournies par les parents afin que le petit garçon puisse s'épanouir dans son quotidien. Greta compatissante joue le jeu mais pas au point de suivre les règles, et ça jusqu'au jour où la poupée manifestera son mécontentement...

On est sidéré lorsque les parents présentent l'enfant pour la première fois, voir amusée comme Greta. Et puis s'installe la gêne, et une sorte de compassion face à ses parents qui comble la perte de leur enfant grâce à cette poupée. Même si la situation parait absurde, on se laisse prendre au jeu. Qui sommes nous pour juger le travail de deuil d'autrui ?


Ce premier sentiment passé, vient la question de ce qu'est la poupée. Est-il possible que ce bout de porcelaine soit vivant ? Tout semble le faire croire, notamment avec des scènes travaillées et plutôt flippantes qui mettront le doute jusqu'à la fin. 

Ces scènes sont diaboliques : on ne voit rien, on imagine tout et on est vraiment mal à l'aise. J'adore ce type d'ambiance. Quelques plans et détails qui nous donnent la chair de poule et qui ne sont là que pour amplifier nos questionnements. Est ce que Greta est entrain de devenir folle ? Est ce qu'elle imagine tous ça ? Est ce possible que ça soit vrai ?

A partir de cet instant, Greta réalisant pleinement le rôle qu'on lui a donné va developper une relation d'une tendresse absolue avec cette poupée. Telle une mère, elle va la choyer et l'aimer. Décrit comme ça, j'avoue que ça peu sembler ridicule, mais pourtant à l'écran cette relation unique va prendre une belle dimension. Le jeu de l'actrice y est pour beaucoup. Elle est fantastique dans ce rôle, elle n'a même pas besoin de parler.Un simple regard suffit à faire passer une émotion.

La comparaison avec Annabelle est une erreur, car même si "The boy" part de la même idée, il n'entre pas dans la même catégorie. Toute la relation est subtile, grandissante et surtout crédible. Il n'y a rien de grossier. The boy installe une ambiance, une histoire, et surtout prends son temps pour nous la raconter. Alors, forcément, on s'attache aux personnages et on finit par aimer cette relation étrange. Comment ne pas être affecter par la suite des évènements ? Pour ma part, j'en étais presque chamboulée.

J'admets que quelques scènes m'ont paru peu crédible, notamment cette facilité que les gens ont d'aller et venir dans la maison. Certains personnages et scènes arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe. Un détail certes mais qui a légèrement gâché mon plaisir. 


Par contre, là où The Boy mérite d'être mis en avant c'est forcément sur son twist final. Généralement, je les vois venir de loin et plutôt vite mais alors celui là, je ne m'y attendais pas du tout, à tel point que j'ai mis quelques minutes à réaliser ce qui se passait à l'écran. Une très belle réussite.

Comme vous pouvez vous doutez, je vous conseille ce film rappelant fortement les films d'épouvantes des années 50 qui étaient plus basés sur l'atmosphère que sur les effets visuels. Il pourrait même être conseillé aux personnes n'étant pas attirées par ce genre cinématographique.


Epouvante - Horreur
Durée : 1h40mn
Américain - 2016

19 septembre 2016

Hortense


de Jacques Expert

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec son ex-mari, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »


2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

***


Sophie est une femme meurtrie par l'enlèvement de sa fille de 3 ans par son ex compagnon. Elle traverse les années avec cette douleur insoutenable. 22 ans après ce tragique évènement, au hasard d'une rue, elle bouscule Emmanuelle. Sophie va commencer à la suivre et à l'épier persuadée que cette jeune femme n'est autre que sa fille disparue Hortense.

25 janvier 2016

Que ta volonté soit faite

de Maxime Chattam


Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis... S"il n'y avait Jon Petersen. Il est ce que l'humanité a fait de pire, même le Diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin. Et là... sans doute réveillera-t-il l'envie de tuer qui sommeille en vous.


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Je vais commencer cette chronique avec le premier sentiment qui m'a habité pendant toute cette lecture : la surprise. Oui. Maxime Chattam m'a surpris ! C'est très loin des autres thrillers de l'auteur, comme une parenthèse, voir une nouvelle étape dans sa carrière d'écrivain.

Ce qui est vraiment prenant ici c'est le développement des personnages qu'ils soient principaux ou secondaires, il y a un beau travail d'écriture et de profondeur renforcé par l'ambiance particulière qui s'installe dès le début. On est forcément impliqué, dû déjà au fait de suivre les personnages sur plusieurs années et surtout d'éprouver de la colère face aux actes et la cruauté de Jon Petersen. L'objectif de Maxime Chattam est de nous pousser dans nos derniers retranchements.

19 janvier 2016

Illustre inconnu

de Barbara Abel


L'existence sans histoires de Violette, dix-sept ans, est chamboulée le jour où les médias annoncent la mort accidentelle de l'acteur français Pierre Vasseur. Sa mère, Henriette, lui apprend brutalement que son géniteur n'est autre que ce comédien reconnu, déjà père de trois enfants. Sans attendre, Violette se manifeste auprès de la famille Vasseur, qu'elle rêve d'intégrer. Il faut dire que l'adolescente, qui ne s'entend guère avec sa mère, souffre d'un terrible manque d'amour. Hélas, les espoirs de Violette s'éteignent rapidement : la veuve de l'acteur, la superbe Leïla, a toujours dirigé son clan d'une main de fer et n'entend guère accueillir cette enfant illégitime. Pire encore, la jeune fille va découvrir les haines qui agitent cette famille et verra son beau rêve s'écrouler comme un château de cartes. Elle apprendra, à ses dépens, que les apparences sont souvent trompeuses...


***


Après avoir lu "Derrière la haine" et "après la fin", j'avais hâte de découvrir un autre roman de Barbara Abel. Avec "Illustre Inconnu" c'est fait, et je ne suis vraiment pas déçue !

On retrouve les grandes lignes que j'affectionne tant chez cette auteure : les apparences et la part d'ombre que nous portons tous en chacun de nous.

Violette découvre à la mort accidentelle de l'acteur français Pierre Vasseur que ce dernier n'est autre que son père. Cette annonce brutale et froide de sa mère va la plonger dans une grande torpeur. Elle, fille de rien, fille sans rien, fera tout pour intégrer la famille Vasseur mais c'est sans compter l'opposition du clan qui ne verra pas d'un bon œil l'arrivée de cette inconnue.

J'ai apprécié que la démarche de Violette ne soit pas liée à l'argent. En effet, cette jeune fille, rêve surtout d'intégrer un foyer et une "vraie" famille.  J'aurais presque envie d'ajouter d'une famille normale mais on se rend vite compte que le clan Vasseur n'a rien de normal. On est loin de l'image parfaite qui est donnée aux médias. La rancune et la haine bercent leurs relations. C'est terrible de lire les échanges qu'ils ont entre eux. Ce degré de mépris et d'irrespect m'a dégouté.

C'est ce point également qui j'ai trouvé intéressant : l'image des personnes publics. Ici, on nous pousse à réfléchir sur ce que veut dire être sous les projecteurs. Le personnage de Leila, veuve de l'acteur, est là pour nous accompagner dans cette réflexion. C'est une femme manipulatrice, froide et qui n'a qu'un but : maintenir la bonne réputation de son mari et de sa famille. Quit à manipuler les médias, le public et blesser, au passage des êtres chers pour maintenir cela. Vous imaginez bien qu'une jeune fille se présentant à sa porte comme la fille illégitime de Pierre Vasseur ne la séduira pas, au contraire, sa véritable personnalité éclatera au grand jour. J'ai vraiment apprécié les échanges entre elle et Violette. Deux femmes face à face, figées dans leurs détermination et tentant de faire plier l'autre. Grandiose !

Plus on avance dans le roman, plus l'histoire est sombre, révélant des choses au fur et à mesure qui mettent plutôt mal à l'aise, notamment, lorsque la mère de Violette lui relate son histoire avec Pierre Vasseur. Sans rentrer dans les détails, je pense que c'est vraiment un moment fort du livre qui révèle beaucoup de choses sur chacun des personnages et le degré de cruauté que les hommes peuvent avoir, jouant de leur pouvoir pour arriver à leur fin. Dure réalité.

Je pense avoir résumé l'idée du livre sans toutefois vous en révéler trop, c'est une excellente histoire à tiroirs avec une fin inattendue.

A découvrir.




Note : 4/5
Édition  : Édition du masque
Nombre de page : 338

11 janvier 2016

Merci pour ce moment

de Valérie Trierweiler


Tout ce que j'écris est vrai. À l'Élysée, je me sentais parfois comme en reportage. Et j'ai trop souffert du mensonge pour en commettre à mon tour.

***


Ce témoignage dont la sortie a surpris tout le monde est une réponse cinglante de Valérie Trierweiler  à François Hollande, ainsi qu'à l'entourage présidentiel, aux journalistes et au peuple. Elle nous offre sa vérité.

Comme beaucoup d'autres, c'est la curiosité qui m'a poussé à le lire.  Je ne porte pas forcément cette femme peu avenante dans mon cœur, mais, il est vrai, que je n'ai pas du tout apprécié la manière dont elle a été traité par M. Hollande.

Deux points m'ont particulièrement marqué : la difficulté et la souffrance qu'à eu Valérie Trierweiler à trouver sa place en tant que première dame et l'impact politique au quotidien et notamment dans sa relation de couple.

Il est évident qu'on peut comprendre la colère qu'a ressenti cette femme suite à la révélation de la relation intime qu'entretenait le Président avec Julie Gayet, suivi quelques jours plus tard de l'annonce de la rupture du couple présidentiel. Je n'ose imaginer sa détresse. Être trompé, évincé et humilié ainsi en public par l'homme qu'on aime. Ce genre de situation est déjà difficile à vivre pour nous autres, je n'ose pas imaginer le ressenti pour une personne public, encore plus lorsqu'on est la compagne d'un chef d'état. 
J'avais été particulièrement choqué par la relation extra conjugale mais pas moins frappé par l'annonce de la rupture : ce ton sec  était terriblement dur. 
La première dame jetée comme une vulgaire chose par son compagnon de longue date. Au delà, de la démarche peu cavalière, à mes yeux, l'image de la France en prenait un sacré coup au niveau mondial.

Elle nous dessine un portrait peu flatteur de François Hollande qu'elle décrit comme distant, cassant et possessif. On s'en amuse et en même temps la gêne s'installe car forcément on entre dans l'intimité d'un couple présidentiel, on lit les mots d'une femme blessée, d'une femme qui ne souhaite pas pardonner, j'aurais presque envie de dire : d'une femme qui souhaite se venger à travers ce livre. Forcément, viennent les questions : est ce que son jugement n'est pas altérée par sa colère ?

Ce sentiment est renforcé par le rôle de victime que Mme Trierweiler souhaite entretenir. Elle affiche clairement ce rôle, quitte à dire que ce sont  les autres qui la mettent en difficulté. Cette posture m'a vraiment agacée. Je veux bien croire qu'elle ai vécu des injustices de part et d'autres et que certaines personnes n'aient pas été tendre avec elle mais de là à dire que la faute vient toujours d'autrui et rebondir sur cela pour se mettre en avant. Honnêtement, ça ne m'a pas convaincu. A tel point, que je suis sceptique sur le reste du récit.

Il y a aussi la question de ce qu'il faut garder pour soi ou non : je parle notamment d'un passage, lors de la passation de pouvoir, où elle nous raconte sa rencontre avec Carla Bruni. Lire cet échange privée m'a mis mal à l'aise.

Sans surprise, ce témoignage n'apporte pas grand chose. On lave son linge sale en public et tout le monde en profite. Ce livre ne fait qu'enfoncer un peu plus François Hollande déjà malmené par les sondages et les politiques. Comme dit le dicton : Œil pour œil, dent pour dent.



Note : 1/5 
Édition : Les Arènes
Nombre de page : 318

4 janvier 2016

Ils nous traitaient comme des bêtes

de Célia Mercier

Sara a 27 ans. Il y a un an, cette jeune yézidie préparait son mariage dans son village du Sinjar en Irak. Mais début août, les hommes en noir ont déferlé sur les terres des yézidis. Daech. Armés jusqu'aux dents, ils ont traité les villageois de mécréants, d'adorateurs du diable. Ils ont tué les hommes et emmené les femmes. Ils ont arraché les enfants des bras de leur mère, ils ont vendu et violé les jeunes filles. Astar a été leur prisonnière pendant deux mois. Elle a subi violence, humiliations, souffrances. Malgré le danger, elle a réussi à s'échapper. Depuis, elle survit. Réfugiée dans un village du Kurdistan proche de la frontière turque et syrienne, elle n'a aucune nouvelle de sa mère. Ses quatre frères et son père ont été exécutés, et trois de ses sœurs sont esclaves de l’état Islamique. Astar prie pour qu'elles parviennent à sortir des griffes de leurs geôliers. Elle ne dort plus, hantée par ce cauchemar.


*** 

On aborde énormément le problème qu'est Daech, mais on parle rarement de ce que fait subir cette organisation terroriste au peuple Yézidies.  

La première partie, très intéressante historiquement et politiquement, présente les Yézidies, leur histoire et leur religion. Cet communauté est persécutée en raison d'une interprétation erronée de leur culte par  les autres religions. Par exemple, En Irak et en Syrie, on les considère comme adorateurs du diable. L'archange Malek Taous a ainsi faussement été pris pour le diable par les musulmans. C'est un résumé condensé car leur religion est bien plus complexe que ça.

Sara témoigne également de l'évolution politique, de l'après Saddam Hussein, de Daech, et la naïveté du peuple face à l'arrivée de ses hommes sans scrupule. 
 
C'est avant tout un témoignage unique et très fort. On est horrifié par la situation. On est horrifié par ce massacre qui se fait en silence sans que personne ne semble sans offusquer, pourtant  l'ONU avait accusé l’Etat Islamique de tentative de génocide mais ça ne semble pas faire bouger les choses. Je lisais dans un article que 2 à 3 milles Yézidis sont toujours détenus par Daech et 800.000 réfugiés s’entassent dans des tentes à Dohuk, sans savoir s’ils pourront un jour rentrer chez eux.

Ce témoignage m'a retourné, voir ses femmes séparées de leurs parents, maris, enfants et  réduites en simple esclaves sexuelles. On a pas de mots. Elle sont traitées pire que des bêtes. Et cette question sans cesse : que deviennent les jeunes garçons et les hommes ? On imagine le pire... 

J'ai trouvé que la deuxième partie même si forte en émotion n'était pas assez riche d'informations. Ce sentiment vient du fait que j'avais visionné un reportage très complet une semaine avant sur la quotidien des yézidis. Ce reportage m'avait bouleversé et ouvert les yeux sur l'horreur de la situation. J'ai l'impression que les images m'ont plus marqués que les mots.
Néanmoins, je conseille ce livre, pour ses premières pages et pour ne pas oublier ce peuple au main de Daech qui souffre dans l’indifférence totale. 


Note : 4/5 
Édition : Flammarion
Nombre de page : 230

28 décembre 2015

Soleil Brisé

de Milton O'Neal Walsh


À Bâton-Rouge, en Louisiane, la vie est paisible en cet été 1989. Le lycée est fini et le narrateur, quatorze ans, va enfin passer ses journées à observer Lindy Simpson, sa jolie voisine d'en face - d'un an son aînée - à qui il voue une passion obsessionnelle depuis son enfance. Sa vue imprenable sur la fenêtre de la chambre de Lindy lui permet d'épier tous ses faits et gestes. Jusqu'à ce soir terrible où tout bascule. Lindy est victime d'une agression brutale en rentrant chez elle. Elle ne reconnaît pas son violeur et la police interroge quelques suspects, dont le narrateur, mais ne trouvera jamais le coupable. Par qui Lindy a-t-elle été agressée dans ce quartier familial si paisible ? Pourquoi, soudain, certains des habitants semblent-ils avoir des choses à cacher ? Et pourquoi le narrateur, trente ans plus tard, raconte-t-il cette histoire avec un sentiment de culpabilité ?


***


Une jolie plume pour une histoire touchante.

La grande qualité de "Soleil brisé" est sans conteste l'écriture de l'auteur. L'histoire en elle même est touchante mais pas forcément marquante. Ce qui m'a permis de tourner les pages et de vouloir connaître la fin c'est l'importance de l'écriture et notamment la place proéminente des descriptions, des détails et surtout des émotions qui donne a ce livre une ambiance particulière.

On est conviés dans les questionnements et tourments d'un jeune : on a l'impression de lire un journal intime. Ici rien n'est larmoyant, tout est décrit avec subtilité ce qui rends le contenu très humain.

On ressent également l'attachement que porte l'auteur à la région qu'il décrit. Un tableau qui se dessine trait après trait et nous plonge dans une Louisiane mystérieuse avec une ambiance particulière d'un été 89.

J'ai apprécié la manière dont l'enquête a été traité et comment chaque suspect est détaillé.

J'ai aimé le dévouement et la fragilité du personnage principal qui le poussent à vouloir aider la fille qu'il aime. Il cherchera à trouver le nom de celui qui l'a violé pensant que cela pourra effacer la souffrance qui la ronge. Ce désir sincère, presque héroïque, n'aura que pour maladresse d'offrir à ce roman une scène forte en émotion : la colère d'une victime mettant des mots sur sa souffrance.

J'ai trouvé également la fin au même niveau que le reste. Une excellente fin où la vérité est dévoilée avec une simplicité déconcertante. Je vous laisse le plaisir de la découvrir.

Un livre très agréable à lire dans lequel on est porté pas la nostalgie et la fragilité de l'adolescence.


Note :  4/5
Édition  : Michel Lafon
Nombre de page : 304

22 décembre 2015

La Fabrique De Doute

de Paolo Bacigalupi

Toute la vie d'Alix n'est qu'un mensonge. C'est ce que ne cesse de dire le jeune homme mystérieux qui la traque et porte des accusations troublantes contre son père. Elle commence alors à enquêter : son père serait à la tête d'une entreprise qui manipule l'information à des fins lucratives. Est-il possible qu'il couvre les méfaits d'entreprises qui ont entraîné la mort de centaines de personnes ? Le séduisant Moïse et le groupe radical de militants adolescents dont il est le leader, pourraient-ils être dans le vrai ? Alix doit faire un choix, et le temps lui est compté. Mais prendra-t-elle le risque de dénoncer le père qui l'aime et l'a élevée ? Un page turner du formidable Paolo Bacigalupi qui aborde une question en prise directe avec l'actualité : comment l'information publique est déformée pour l'argent, comment les vérités sont manipulées pour permettre aux mensonges de perdurer, et comment ceux qui en sont coupables peuvent être arrêtés.


***

Tout d'abord, je tenais à remercier Babelio de m'avoir sélectionnée dans le cadre de la Masse Critique pour découvrir le livre de Paolo Bacigalupi  intitulé "La Fabrique De Doute".

Je n'ai pas apprécié cette lecture. 

Ce livre est considéré comme du Young Adult : je n'avais pas fait attention à ce détail en le choisissant, et malheureusement pour moi, c'est une catégorie que je n'apprécie pas forcément.

La mise en place de l'histoire m'a semblé beaucoup trop longue, ce qui m'a fait lâcher prise très rapidement. Il faut attendre bien 150 pages de mystères et de questionnements pour comprendre les raisons des événements et d'une certaine manière les enjeux du roman. C'est dommage, car du coup, j'ai eu du mal à avancer dans ma lecture.

Autre chose, je n'ai pas du tout adhéré aux personnages qu'ils soient principaux ou secondaires. Bien entendu, les réactions qu'ils avaient étaient tout à fait plausibles mais dans l'ensemble j'ai trouvé que les actions et mise en œuvre du groupe radical de militants n'étaient pas crédibles. J'ai eu beaucoup de mal avec ce groupe qui m'a semblé peu réaliste.

L'idée centrale du roman est cependant intéressante : la falsification d'études scientifiques au service de multinationales. Vaste sujet qui aurait pu être traité différemment et donner lieu à un tout autre roman (moins jeunesse). 





Note : 0/5 
Édition : Au diable Vauvert
Nombre de page : 274

1 décembre 2015

13 à table ! (édition 2015)


Le livre réunit les œuvres d'un éventail d'écrivains bien connus. Ont ainsi participé au projet : Marc Levy, Eric-Emmanuel Schmitt, Françoise Bourdin, Guillaume Musso, Maxime Chattam, Alexandra Lapierre, Agnès Ledig, Pierre Lemaitre, Frank Thilliez, Jean-Marie Perier, Gilles  Legardinier, Bernard Werber, et Tatiana de Rosnay.
13 auteurs pour 13 nouvelles centrées autour d’un thème commun : un repas. Intrigues policières, réunions de famille qui dérapent, retrouvailles inattendues… Du noir, de la tendresse, de l’humour, de l’absurde, à chacun sa recette.
 
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Il était évident que je ne pouvais pas passer à côté de ce recueil de nouvelles 100 % inédites. Évident aussi que je souhaitais participer à l'initiative de l'édition Pocket : pour l'achat d'un exemplaire de "13 à table", 3 repas seront distribués au restaurant du Cœur (les recettes sont entièrement reversées à l’association).
Cette première édition a permis aux Restos du Cœur de distribuer près de 1 400 000 repas.


13 auteurs pour 13 histoires autour d'un thème commun : le repas.  J'avoue que l'idée du thème commun ne m'a pas emballé. Est ce que cela ne risquait pas de rendre l'ensemble répétitif, voir ennuyeux ? C'est sans compter sur l'imagination des écrivains qui ont su relever ce défi haut la main. A chaque nouvelle, un nouvel univers, une nouvelle écriture, une nouvelle manière d'aborder le thème. D'ailleurs, autre point positif de cet ouvrage : la possibilité de découvrir plusieurs auteurs d'univers différents.

Pour moi, trois histoires sortent du lot. On commence par Maligne de Maxime Chattam qui m'a ravi ! Sous cette écriture parfaite, j'ai retrouvé un peu de Stephen King et surtout une histoire étrange, surréaliste digne des contes de la crypte. Un peu courte à mon goût.
Sans contestation, suit Un petit morceau de pain d'Agnès Ledit un récit plein d'émotion et d'espoir face au hasard de la vie qui n'est pas sans rappeler le thème de prédilection de Paul Auster.
Viens ensuite La part de Reine d'Eric-Emmanuel Schmitt, merveilleuse nouvelle qui nous invite à une réflexion sur le partage, la fidélité et l'affection donné et rendue. Une belle plume pour une belle histoire.
Je me suis bien amusée des péripéties du personnage principal dans "Nulle, nullissime en cuisine" d'Alexandre Lapierre. C'est frais, drôle, naturel avec une fin surprenante et inattendue.

J'ai également retenue 3 histoires qui pour moi sont sur la même idée
: Fantômes de Guillaume Musso, Jules et Jim de Jean-Marie Périer et Gabrielle de Franck Thilliez. Je tiens à souligner que celle de Musso est plus marquante mais trop courte (fidèle à l'univers de G. Musso), les deux autres sont réussies mais plus en lien avec l'environnement : thème qui ne me passionne pas forcément mais ici ça ne m'a pas dérangé outre mesure.

Je souhaitais faire une petite parenthèse sur la nouvelle (si on peut l 'appeler comme ça) de Gilles Legardinier. J'ai été très surprise par sa démarche et, au final, plutôt séduite. On partage un moment intime avec lui, comme un échange.

Les autres nouvelles ni bonnes, ni mauvaises ne m'ont pas marqués. 

Je suis plutôt conquise par ce recueil (9 nouvelles sur 13 m'ont plu) et me suis empressée d'acheter l'édition 2016.


Note : 3/5 
Édition  : Pocket 
Nombre de page : 274