19 octobre 2013

La Onzième plaie

de Aurélien Molas

Une crise sociale sans précédent a plongé la France dans le chaos et le désespoir. Partout, les voitures brûlent, explosent, des bandes de casseurs vandalisent les rues. La police débordée traverse une grave crise de confiance.

Dans cette atmosphère survoltée, le commissaire Kolbe, à la tête d'une unité spéciale chargée de lutte contre la pédophilie, est sur la sellette. Ses enquêteurs viennent de découvrir un container de cassettes particulièrement atroces. L'affaire doit être élucidée au plus vite.
Dans le même temps, au métro Porte des Lilas, deux jeunes filles se jettent ensemble sous le métro. Mais s'agit-il vraiment d'un double suicide ?
A rebours d'une société cynique dont la seule règle est le profit et la consommation, les protagonistes du roman affrontent avec l'énergie du désespoir leurs propres démons. Un thriller sombre, foisonnant, complexe, extrêmement bien construit et intelligemment mené.



***


Cela faisait quelques temps que ce livre prenait la poussière sur mon étagère. J'avoue que lors de l'achat j'étais assez emballée mais que je suis passée à d'autres lectures qui m'ont fait oublier sa présence parmi ma PAL.

En préparant ma sélection de livres "thrillers détente" pour la plage cet été. Ce premier roman d'Aurélien Molas a tout naturellement fini dans ma valise avec d'autres dont je parlerais très bientôt.

Impossible de commencer cette chronique sans vous avertir que ce livre n'est pas à conseiller à tous. En effet son aspect violent et très glauque pourrait en choquer plus d'un. Même moi qui aime ce type d'ambiance j'avoue m'être sentie, plus d'une fois, mal à l'aise.

La structure de l'histoire est assez classique pour un thriller : nous suivons des enquêtes en parallèle. La première se déroule au Havre où des vidéos à caractère pédophile sont découvertes et la seconde suit une policière acharnée qui doute du suicide de deux jeunes filles dans le métro parisien. Au même moment, des émeutes ont lieu sur Paris ce qui ajoute une touche de noirceur et donne au récit une ambiance très particulière.

Les chapitres courts et nerveux permettent de garder un bon rythme et une bonne tension pendant la lecture. Seul bémol, la multitude de personnages qui finit par nous faire perdre pied et qui malheureusement ne permets pas de s'attacher à chacun d'eux.

Il est évident qu'on est très souvent révolté par ce qu'on découvre mais l'auteur traite ce sujet très délicat sans surplus de violence, ni de voyeurisme. Il montre à quel point ce type d'enquête peut être difficile et, surtout, à quel point le système et les personnes peuvent êtes pervertis.  Ce n'est que l'acharnement et la vivacité d'esprits de certains enquêteurs qui pourront permettre que la justice s'applique enfin. C'est le réalisme des situations qui donne toute la puissance à ce livre. C'est un moment intense de lecture qui nous fragilise et nous révulse. Au fond, nous ne sommes pas face à une grande histoire mais plutôt face à auteur de qualité qui maitrise parfaitement sa plume. Quel dommage que le bémol que je cite plus haut sur les personnages soit si prononcé, sans ça, le livre aurait pu gagner en intensité et nous éviter de ralentir tant la confusion peu être gênante parfois.

Malgré tout, C'est un premier roman réussi et culotté.  
Bien entendu, je le répète, à ne pas mettre entre toutes les mains au vu de la noirceur du sujet. D'ailleurs, vous vous doutez bien que c'était un choix peu judicieux de ma part pour ma sélection d'été  "thriller détente".


3/5
Edition  : Albin Michel
Nombre de pages : 416

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