25 juin 2015

Marion, 13 ans pour toujours

de Nora Fraisse



« Marion, ma fille, le 13 février 2013, tu t’es suicidée à 13 ans, en te pendant à un foulard, dans ta chambre.
Sous ton lit en hauteur, on a trouvé ton téléphone portable, attaché au bout d’un fil, pendu lui aussi pour couper symboliquement la parole à ceux qui, au collège, te torturaient à coups d’insultes et de menaces.
J’écris ce livre pour te rendre hommage, pour dire ma nostalgie d’un futur que tu ne partageras pas avec moi, avec nous.
J’écris ce livre pour que chacun tire les leçons de ta mort. Pour que les parents évitent à leurs enfants de devenir des victimes, comme toi, ou des bourreaux, comme ceux qui t’ont fait perdre pied. Pour que les administrations scolaires s’évertuent à la vigilance, à l’écoute et à la bienveillance à l’égard des enfants en souffrance.
J’écris ce livre pour qu’on prenne au sérieux le phénomène du harcèlement scolaire.
J’écris ce livre pour que plus jamais un enfant n’ait envie de pendre son téléphone, ni de suspendre à jamais sa vie. »



***

Ce témoignage m'a glacé le sang et bouleversé.

J'ai découvert comme tant d'autres la mère de Marion lors d'une émission télé. Cette femme digne et forte m'a troublé et touché. J'avais envie d'en découvrir plus sur les raisons du geste de sa fille et surtout les actions menées après ce drame.

Je suis ressortie de cette lecture révoltée. Après l'horreur du geste, c'est la solitude et le désarroi qui pèsent entre les lignes. Bien évidemment, il y a également la colère face à des  administrations ou des personnes qui ferment les yeux sur ce geste. C'était insoutenable de voir ces parents seuls face à la douleur et aux questions sans réponse. 
Honnêtement, de nombreuses réactions m'ont choqué, notamment, celle des élèves qui harcelaient Marion. On a l'impression que les insultes et les menaces n'étaient qu'éphémères, sans gravité, et que la suicide de Marion n'a pas de réel importance. Abominable. Aucun sentiment de culpabilité, on a l'impression que les bourreaux souhaitent être traités tels des victimes face au questionnement de cette mère. 

Je trouve que ça pose beaucoup de questions sur les valeurs et l'éducation des enfants/adolescents d'aujourd'hui (évidemment, je me rends bien compte qu'on ne doit pas généraliser, mais lisant le journal régulièrement, on voit pas mal de fait de violences se répéter et s'intensifier. C'est une réalité).

En parallèle, la mère de Marion m'a impressionné par sa détermination, son courage et sa volonté de bousculer les choses. Je suis admirative devant son combat.

Ce témoignage est bénéfique et révélateur des relations humaines et de la société actuelle.
C'est effrayant et triste.



Note : 5/5
Édition  : Calmann-Lévy (Documents, Actualités, Société)
Nombre de page : 192



1 commentaire:

louloutediary a dit…

J'ai eu le même ressenti que toi. La maman de Marion m'a beaucoup touchée lorsque je l'ai découverte dans Sept à Huit.